« The Crossing Garden : How Many Souls for Your Flower», Exposition Katja Lee Eliad.
Schedule
Mon, 06 Apr, 2026 at 06:00 pm to Sat, 18 Apr, 2026 at 09:00 pm
UTC+02:00Location
37, rue Sylvabelle, 13006 Marseille, France | Marseille, PR
How Many Souls for Your Flower»
Katja Lee Eliad
6 avril – 18 avril 2026
Vernissage lundi 6 avril 2026 / 18h-21h
The Crossing Garden: How Many Souls for Your Flower
À Marseille, en descendant la traverse Blancard vers la mer, une plaque apposée sur un mur rappelle que Pierre Blancard (1741–1826), officier de marine originaire de la ville, introduisit et acclimata en France le premier chrysanthème chinois en 1789. Le capitaine Blancard effectua six voyages vers l’Inde et la Chine, participant ainsi aux échanges scientifiques et commerciaux entre l’Europe et l’Asie. Comme d’autres marchandises importées à l’époque, ces graines circulaient à bord de navires également impliqués dans le commerce d’esclaves. Le Guide du Marseille colonial rapporte les conseils pour le transport des esclaves donnés par Blancard dans son Manuel du commerce des Indes orientales et de la Chine, publié en 1806. Ces recommandations témoignent des logiques économiques et logistiques structurant ces circulations, où produits et êtres humains étaient intégrés aux mêmes circuits marchands, révélant ainsi la violence systémique inscrite au cœur des dynamiques coloniales.
Si ces histoires ont été en grande partie recouvertes par l’oubli, le chrysanthème est devenu en France une fleur associée aux rituels funéraires et aussi un symbole d’immortalité. Dans l’exposition The Crossing Garden: How Many Souls for Your Flower, Katja Lee Eliad donne vie à ces graines voyageuses. Personnifiées, elles deviennent les protagonistes d’un récit qui relie l’histoire des plantes, aux routes maritimes de l’expansion coloniale française. Leur circulation évoque les réseaux qui transportaient simultanément marchandises, plantes et personnes réduites en esclavage, révélant les violences souvent effacées derrière les récits d’acclimatation botanique.
Dans l’exposition de Katja Lee Eliad, les graines n’apparaissent plus comme de simples vestiges d’une histoire commerciale figée, mais comme de véritables véhicules d’un processus encore actif. À ce titre, elles peuvent être comprises, à la suite de l’essai du philosophe naturaliste Michael Marder The Sense of Seeds or Seminal Events, comme des “événements séminaux”. Des formes de vie qui continuent de produire du sens et de la transformation. Leur circulation ne se réduit pas au moment de l’introduction du chrysanthème en France, mais ouvre une temporalité étendue où leur croissance, leur adaptation et leur relation au milieu deviennent vivante. L’exposition déplace ainsi l’attention de l’événement ponctuel, souvent célébré dans récit colonial, vers des processus lents, organiques et patients, échappant ainsi à la logique spectaculaire de la “découverte”. Ces graines peuvent changer notre rapport au temps, nous enseigner l’endurance et le courage. Les tempêtes de notre monde contemporain elles les bravent toutes, elles font le gros dos et protège leur trésor de croissance. Seule une fois l’accalmie solide survenue elles déclenchent leur pousse. Comme le suggère Marder, elles ne s’actualisent pas immédiatement, mais demeurent dans un état de potentialité ouverte, dépendant des conditions contingentes. C’est précisément dans cet état de potentialité ouvert, proche du rêve éveillé que KLE s’inscrit et déploie son propre récit en devenir de ces graines.
L’exposition peut être envisagée comme une tentative de ré-événementialisation du végétal. Là où la modernité occidentale a progressivement assigné les plantes à un statut d’objets inertes, décoratifs, déracinés et entièrement soumis à des logiques de maîtrise, KLE opère un déplacement conceptuel en ré-inscrivant le végétal dans le champ de l’événement. Ce faisant, les graines cessent d’être de simples présences passives pour devenir des instances d’agentivité : elles agissent, orientent leur devenir, et reconfigurent l’espace selon des dynamiques propres. L’exposition engage ainsi une critique implicite des ontologies naturalistes, en proposant une lecture du vivant végétal comme puissance d’initiative et non comme simple matière disponible. (Valentina Iancu)
Katja Lee Eliad est une artiste conceptuelle qui travaille principalement le papier et la vidéo. Actuellement, Katja Lee Eliad vit et travaille entre Bucarest et Marseille.
www.katjaleeeliad.com
https://www.lespressesdureel.com/EN/auteur.php?id=3504&menu=0
Where is it happening?
37, rue Sylvabelle, 13006 Marseille, France, 37 Rue Sylvabelle, 13006 Marseille, France, MarseilleEvent Location & Nearby Stays:
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