À qui profitent les guerres civiles ?
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En février 2021, un professeur de science politique publie un livre sur l'Afghanistan intitulé Une si prévisible défaite. Quelques mois plus tard, Kaboul tombe, les images de la débâcle occidentale font le tour du monde, et tout le monde parle de surprise. Lui avait décrit le mécanisme avant, sans information secrète, sans source dans les services : avec les outils de la sociologie et des années de terrain.
Nous recevons Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique. De sa première enquête en Angola jusqu'au Mali, en passant par l'Afghanistan, la Turquie, le Kurdistan et la Syrie, il a passé des décennies à travailler au plus près de la violence armée. Avec Adam Baczko et Arthur Quesnay, il a signé la première étude de la guerre civile syrienne fondée sur des entretiens menés en Syrie même. Son dernier livre, Le plus grand des maux. Sociologie des guerres civiles (CNRS Éditions), propose une théorie générale du phénomène.
Sa réponse à la question du titre ne sera pas celle qu'on attend. Il ne cherche pas de commanditaire caché ni de bénéficiaire dissimulé : il montre qu'une guerre civile n'est pas seulement une destruction, c'est une redistribution. Des groupes sociaux entiers disparaissent, d'autres naissent, les paysans au Vietnam, les anciens combattants en Bosnie. Des hiérarchies s'effondrent et de nouvelles se construisent, avec leurs propres ressources, leurs propres notables, leurs propres règles. Les acteurs extérieurs comptent, mais rarement comme ils le croient : il décrit la politique étrangère occidentale des dernières années comme « un musée des erreurs ».
Avec lui, nous parlerons de ce qu'est réellement une guerre civile et de ce qu'elle n'est pas, de la manière dont on enquête sur un terrain où l'on peut mourir, de ce qui fait qu'un conflit s'arrête ou s'installe pour vingt ans, de ce que les interventions internationales produisent réellement sur place, et de la question la plus inconfortable de toutes : que devient une société qui a vécu ça, une fois que les caméras sont parties ?
Un talk suivi d'un échange avec la salle, puis d'un moment convivial autour d'un verre pour prolonger la discussion.
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Event Location & Nearby Stays:
EUR 22.51



















