vernissage de l'exposition solo "ICONES DU SILENCE"de Xun Wu

Schedule

Thu Sep 03 2026 at 06:30 pm to 09:30 pm

UTC+02:00
Location

17 rue Biscornet, 75012 Paris, France | Paris, IL

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«ICÔNES DU SILENCE»
Exposition solo du 3 au 11 septembre 2026
Vernissage : jeudi 3 septembre à partir de 18h30
Vanities Gallery a le plaisir d'annoncer la première exposition parisienne de Woody Xun (荀武), artiste et théoricien chinois de l'image, du 3 au 11 septembre 2026. Peintre et docteur en esthétique, Woody Xun construit depuis quinze ans une œuvre
qui traverse librement les vocabulaires sacrés de l'Orient et de
l'Occident pour interroger, hors de toute appartenance confessionnelle, ce que la représentation du corps doit encore à
l'histoire de l'art.
UN PARCOURS ENTRE CHINE ET ITALIE
Né en Chine, Woody Xun dirige le département d'art transmédia
de l'Université Normale de Nanjing et enseigne comme professeur invité et directeur de doctorat en arts à la Kasem Bundit University (Thaïlande). Docteur en philosophie — esthétique — de l'Université Renmin de Chine (2019), il s'est formé en Italie, à l'Académie des Beaux-Arts de Brera (Milan) et à celle de Naples, avant de diriger le Collège des médias numériques de Suzhou. Plusieurs fois primé (Kan Tai-keung Future Masters Award de Hong Kong, Zijin Award), collectionné par le Musée national d'art de Chine et le Centennial Tower de Singapour, il a exposé à Naples, Florence, Taipei, Nanjing, Singapour, Pékin et, en 2024, à la galerie Il Leone de Rome.
UNE ICONOGRAPHIE PARTAGÉE, SANS DOGME
L'exposition réunit des peintures où se répondent deux mémoires visuelles. D'un côté, celle de la Renaissance italienne et de l'art sacré chrétien : une Pietà aux carnations dorées cernées de rouge sombre, un Péché originel traité en clair-obscur presque monochrome. De l'autre, celle de l'iconographie bouddhique : Ignorance, Désir, Cessation, Entrave karmique, Renaissance — titres qui égrènent les étapes d'une méditation sur l'attachement
et la formation, elles-mêmes reprises dans des panneaux peints à la détrempe à l'œuf ou à la tempera à l'huile sur bois, technique héritée directement des retables du Quattrocento. Chez Woody Xun, ces deux généalogies ne s'opposent pas : elles se citent l'une l'autre. L'artiste s'en explique sans détour : « Je ne peins pas pour une croyance, je peins avec la mémoire des croyances. La Pietà et le vide bouddhique me servent la même question : que reste-t-il du corps quand on lui retire l'histoire qu'on lui raconte ? » Cette double filiation affleure jusque dans le choix des matières — tempera à l'œuf, huile, acrylique —, dans une palette qui va des rouges profonds de la Pietà aux camaïeux de terre, mais aussi dans certaines mises en scène, telle une descente de croix, ou dans des mains et avant-bras cadrés comme des ex-voto. Devant la gravité frontale de ces figures et la reprise assumée du panneau de bois, on songe à la sobriété monumentale de Massacio1 ou de Piero della Francesca2 ou à la tradition des retables siennois. Dans la série des Portrait of silence, où des visages sont parfois coiffés de casques improvisés — bandages, cordage, cellophane, semblent être illuminés d’une lumière digne du Caravage3, contrebalancée avec une froideur scénique évocatrice de
l’esthétisme de l’hyperréalisme4 des années 70. Ce détournement des grands maîtres anciens vers une mise en scène contemporaine et volontairement énigmatique ouvre une perturbation de lecture qui invite le spectateur à ce questionner sur la notion du corps comme entité propre. Chez Woody Xun, la citation de l'art ancien n'est jamais nostalgique. L’artiste ne cherche pas à restaurer une croyance, mais à éprouver ce que les formes anciennes continuent de faire à notre regard. La Pietà, le corps méditatif, le visage frontal ou le corps fragmenté ne sont plus ici les signes d'une doctrine : ils deviennent des formes disponibles, chargées d'une mémoire que l'artiste déplace, confronte et parfois dépouille de son récit originel. Que reste-t-il d'une image lorsque son histoire est devenue étrangère à celui qui la regarde ? Que restet-il du corps lorsque les récits qui l'ont représenté — religieux, moraux, culturels ou genrés — cessent de suffire ? Woody Xun ne répond pas par un nouveau système d'images : il laisse la question ouverte, dans la tension silencieuse entre la présence d'un corps et l'effacement de ce qui devait lui donner sens. Le silence, ici, n'est pas une absence : c'est le moment où l'image cesse d'expliquer et recommence à apparaître. « L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible »5, écrivait Paul Klee. Chez Woody Xun, cette visibilité passe
paradoxalement par une forme de retrait : le corps apparaît, mais son récit se dérobe ; l'image demeure, mais son interprétation n'est jamais définitivement arrêtée. Chez Woody Xun, la citation de l'art ancien n'est jamais un outil de nostalgie mais de dialogue avec le présent — le corps genré, le désir, la vulnérabilité — sans revendiquer d'appartenance religieuse : un hommage rendu à
l'histoire de l'art dans son ensemble, non à un culte en particulier.
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17 rue Biscornet, 75012 Paris, France, 17 Rue Biscornet, 75012 Paris, France, Paris

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