Conférence-discussion: Colonialité des corps, université et mémoire
Schedule
Thu, 19 Feb, 2026 at 05:30 pm
UTC-05:00Location
Université de Sherbrooke | Sherbrooke, QC
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Dans le cadre du OFF- Mois de l'histoire des Noir.es à Sherbrooke, vous êtes invité.es à cette conférence-discussion !La colonialité des corps en conférence sera une opportunité d’entendre et de discuter autour de la solidarité et l’université comme lieu d’effacement de la mémoire des Noires. Trois cas serviront de points de départ:
- Thiaroye 1944 : nécropolitique d’un Empire qui refuse de mourir, par Florian Bobin, candidat au doctorat en histoire à l’université de Sherbrooke.
Le 1er décembre 1944, à Thiaroye, près de Dakar (Sénégal), l’armée française ouvre le feu sur des soldats africains récemment rapatriés d’Europe. Ces hommes, qui avaient combattu pour la libération de la France durant la Seconde Guerre mondiale, avaient une requête simple : le paiement de leurs soldes, primes et indemnités, ainsi que la reconnaissance de leurs droits. La réponse fut un massacre d’une violence extrême, longtemps dissimulée et minimisée, partiellement reconnue ces dernières années.
Cette présentation revient sur le massacre de Thiaroye non comme un événement isolé, mais comme l’illustration d’un schéma plus large de dépossession coloniale : expropriation des corps, inégalités juridiques, hiérarchies raciales et usage de la violence d’État pour maintenir l’ordre impérial. À travers l’histoire des tirailleurs dits « sénégalais », elle montre comment la France d’après-Seconde Guerre mondiale, tout en se réclamant de la Libération et des valeurs universelles, a reconduit des pratiques coloniales brutales à l’encontre de ceux qu’elle considérait encore comme des sujets.
La conférence abordera également les tentatives de dissimulation judiciaire qui ont suivi le massacre, la lente et partielle reconnaissance officielle de la responsabilité française, ainsi que les luttes mémorielles menées au Sénégal. Enfin, elle interrogera l’actualité de Thiaroye. Que nous raconte cet épisode sur les continuités entre Empire, néocolonialisme et formes contemporaines d’injustice ? Pourquoi cette histoire demeure-t-elle encore, aujourd’hui, un point aveugle du récit national français ? Et que nous dit-elle – à partir de l’exemple du Sénégal – des usages, réappropriations et mises en récit de l’histoire coloniale par les peuples anciennement colonisés et leurs États ?
- De la lutte contre l’Appartheid en Afrique du Sud et la solidarité face au peuple palestinien, par SDHP Sherbrooke, un collectif citoyen engagé pour la justice, la dignité et les droits fondamentaux du peuple palestinien.
Le 29 décembre 2023, l'Afrique du Sud introduisait une plainte à la Cour Internationale de justice (CIJ), accusant l'entité sioniste (« Israël ») de violer la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Cette procédure, déposée peu après le début du génocide palestinien, s'ajoutait à la lourde pile de plaintes et de décisions, pour violation de divers instruments du droit international, rendues à l'endroit de l'entité coloniale.
Ce choix de l'Afrique du Sud n'est en rien inusité ; Nelson Mandela, figure centrale de la lutte contre l'apartheid, affirmait : « notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ». La lutte menée par les communautés noires contre l'apartheid en Afrique du Sud sert aujourd'hui d'exemple au peuple palestinien, qui lutte lui aussi contre un régime d'apartheid brutal.
Cette communication propose ainsi de s'intéresser à la solidarité entre le mouvement révolutionnaire en Afrique du Sud et celui en Palestine, de manière historique et politique.
- De la lutte anti-raciste au spectacle de l’émancipation. Sur la fongibilité du corps noir à l’ère de l’EDI, par Dimitri M’bama, chercheur en science politique.
Partant de la manifestation étudiante qui s’est déroulée à l’université Sir George Williams en 1969 à Montréal, cette présentation vise à explorer le rôle de l’institution académique dans la progressive dépolitisation des luttes anti-racistes au Québec, et à expliquer dans quelle mesure les politiques dites d’« équité », de « diversité » et d’« inclusion » (EDI) perpétuent
les rapports d’oppression nécessaires au capitalisme racial. À travers une approche interdisciplinaire, elle s’interroge également sur les utilisations contemporaines du corps noir
– et plus largement « migrant » - au sein des universités, notamment par leur exploitation économique ou l’utilisation de leur image qui prolongent les logiques d’extraction coloniale.
Il s’agit en somme de mettre en lumière les dispositifs néolibéraux qui assurent la « fongibilité » de celui-ci tout en proposant plusieurs pistes pour les court-circuiter, et ainsi recréer des espaces d’autonomie à même d’alimenter une résistance individuelle et collective. En mobilisant la notion de « spectacle », la présentation questionne finalement le sous-texte
raciste latent du Mois de l’Histoire des Noir.e.s en formulant une question très simple : au Canada comme dans le reste du monde, à qui appartient le reste de l’année ?
Lien vers les autres activités du OFF: https://www.facebook.com/share/17nw5CAGrs/
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